Diminuer la culpabilité face au repos par la connaissance de soi.

Diminuer la culpabilité face au repos par la connaissance de soi.

Par Marc Brien, psychosociologue

Avez-vous de la difficulté à vous reposer, à vous relaxer, à vous accorder des moments de détente ? Ressentez-vous de la culpabilité lorsque votre corps ou votre mental vous disent qu’il est temps de prendre une pause ?

Espace mental (Marie-Ève) vous exhorte, pour sa part, à vous poser afin d’être à votre meilleur pour atteindre vos objectifs sans vous brûler. De mon côté, étant psychosociologue spécialisé en santé mentale, j’accompagne régulièrement mes clientes et mes clients vers une meilleure connaissance de soi car elle est une alliée puissante pour celles et ceux qui ont comme objectif d’intégrer le repos à leur routine quotidienne.

Avec plus de 25 ans d’expérience en accompagnement de personnes en cheminement, je confirme la possibilité de diminuer la culpabilité face au repos par la connaissance de soi. Et, du même coup, diminuer la détresse psychologique, éloigner le surmenage et augmenter le plaisir de vivre!

Se reposer est un besoin fondamental

Abraham Maslow nous a légué sa théorie de la motivation humaine – souvent représentée sous forme de pyramide – qui nous renseigne sur les besoins

fondamentaux de tout être humain. Au nombre de cinq (physiques, sécurité, amour et appartenance, estime et accomplissement), et bien qu’ils soient tous essentiels pour notre fonctionnement optimal et notre bonheur, les besoins physiques doivent être comblés de façon prioritaire.

Nous connaissons tous des exemples de besoins spécifiques qui entrent dans cette catégorie : manger, boire, dormir, faire de l’exercice, etc. Pour Maslow, une fois que ces besoins sont minimalement comblés, il devient beaucoup plus facile de se concentrer sur les besoins qui se retrouvent aux étages supérieurs.

Pensez-y ! Est-il possible de se concentrer sur notre travail lorsque nous avons une faim de loup ?

Eh bien, je vous invite à voir le repos de la même façon : se reposer est un besoin fondamental et nous avons tout intérêt à le considérer comme tel afin de s’accomplir plus efficacement.

Questionner ses valeurs face au repos

Le seul savoir que le repos fait partie des besoins fondamentaux à combler pour être en mesure de s’accomplir pleinement peut grandement aider à s’accorder des moments de pause mais un autre travail peut être bénéfique : questionner ses valeurs face au repos.

Pour ce faire, il est nécessaire de s’interroger sur les représentations symboliques de la sieste et du repos. Notre culture occidentale, capitaliste et judéo-chrétienne, nous incite à être toujours actifs et productifs et à se dépasser. Qu’en est-il de votre côté ? Avez-vous acheté ces valeurs, les avez-vous faites vôtres ?

Il est vrai que si elles ne vous plaisent pas, vous pouvez décider d’agir en fonction de nouvelles valeurs davantage axées sur le respect de vos limites physiques et mentales afin d’inclure le repos et la sieste à votre routine quotidienne.

En revanche, si ces valeurs vous sont chères, pas de panique! Je recommande toujours aux personnes que j’accompagne de ne pas lutter contre leur nature mais plutôt de faire avec. C’est beaucoup plus doux et, surtout, beaucoup plus efficace. Vous n’avez qu’à déjouer votre conditionnement neuronal avec ce que nous avons appris plus haut en vous fabriquant un mantra du genre : « Pour être productif et me dépasser constamment, je dois me reposer adéquatement ! ».

Voilà ! La sieste n’est plus synonyme d’oisiveté et de perte de temps mais bien une obligation pour un rendement exceptionnel !

Agir malgré la culpabilité

Vous ressentez toujours de la culpabilité lorsque vient le temps de faire votre « power nap » ? Dernier conseil : ne vous battez plus contre cette culpabilité ! Surtout, n’attendez pas qu’elle disparaisse avant d’entamer votre nouvelle routine de sieste et de repos. Il est de loin préférable d’agir malgré la culpabilité que de la laisser décider pour vous.

Comme je l’ai laissé sous-entendre un peu plus haut, notre culture et notre éducation ont gravé des conditionnements neuronaux qui peuvent faire en sorte que l’on se sente automatiquement coupable si l’on diverge de ses diktats. Bien que les neurosciences aient découvert la plasticité du cerveau, c’est-à-dire la capacité de modifier les chemins habituels que prennent nos idées et nos émotions, ces modifications ne se font pas en criant lapin!

Faire une sieste, prendre une pause, vous font vivre de la culpabilité ? Pas de problème ! Acceptez-la avec compassion. Dites-vous qu’à partir de maintenant, ce sont vos besoins fondamentaux et vos valeurs profondes qui dirigeront vos actions, et ce, avec ou sans culpabilité! 😉

Demander de l’aide

Malgré toute votre bonne volonté, vous n’arrivez pas à vous départir de vos anciennes habitudes et à intégrer de nouveaux comportements que vous savez plus adaptés pour votre santé physique et mentale ? Dans cette situation, n’hésitez pas à demander de l’aide. Parfois, il ne suffit que d’un petit coup de pouce pour atteindre nos objectifs…

Avant de vous quitter, je tiens à remercier Marie-Ève de m’avoir donné l’opportunité d’écrire ce blogue ainsi qu’à vous souhaiter un très bon cheminement !

Marc Brien, psychosociologue

marcbrien.ca